Mot de l’Ambassadeur de France au Vanuatu

Chers compatriotes,

Je prends mes fonctions dans ce magnifique pays, riche d’une diversité culturelle et linguistique exceptionnelle, dans une période de défis, d’incertitudes mais aussi d’espoirs.

Défis, ceux avant tout auxquels nous confrontent l’impact croissant du changement climatique, l’accélération vertigineuse de ses effets, à travers des phénomènes naturels d’une ampleur sans précédent, et la prise de conscience, chaque jour plus aiguë que, s’il n’est pas déjà trop tard, le temps de l’action, radicale, de la remise en cause de nos modes de vie, ne saurait plus attendre.

Incertitudes, celles liées à ce que le président Emmanuel Macron appelait récemment l’ensauvagement du monde, cette tendance globale des nations, grandes ou petites, à s’affranchir des structures, des règles, des cadres, qui depuis la fin de la seconde guerre mondiale, et plus encore de la guerre froide, ont su garantir, en dépit de quelques soubresauts violents, de conflits locaux, la paix mondiale.

Espoirs enfin, ceux d’une jeunesse qui se révolte, exige des comptes et de l’action ; Ceux de la prise de conscience, telle qu’elle s’est exprimée, pour la première fois de façon unanime, à l’issue de la COP21 ; Ceux portés par les nouvelles transversalités qui se dessinent pour défendre le bien collectif, à travers la solidarité, le co-développement, le partage. Les nouvelles dynamiques impulsées par l’axe indopacifique, tel qu’il a été souhaité par le président Macron, la tenue d’un One Planet Summit à Papeete en 2020, la nouvelle initiative Pacifique portée par l’Agence Française de Développement, sont, pour n’en citer que quelques-unes, les manifestations de ces synergies nouvelles.

A bien des égards, le Vanuatu est au cœur de ces enjeux, à commencer bien sûr par celui de sa vulnérabilité aux effets du réchauffement climatique. Il y a urgence. Face aux grandes puissances, la singularité, la taille, les distances immenses qui séparent les îles du Vanuatu, comme entre eux les Etats et territoires océaniens, obligent à un effort accru d’échange, de dialogue et de coopération.

Depuis l’indépendance du pays, dont nous célèbrerons le 40ème anniversaire en juillet 2020, la France a toujours manifesté sa fidélité à l’égard du Vanuatu, comme l’a si bien souligné le président Tallis Obed Moses lors de la remise de mes lettres de créance. Je souhaite que ce 40ème anniversaire soit l’occasion de donner à notre relation bilatérale un élan nouveau qui, en s’inscrivant dans la durée, sera aussi une marque de confiance dans l’avenir de notre partenariat, dans tous les domaines (politique, économique, éducatif, linguistique et culturel), et dans le rôle que le Vanuatu joue au service ces nouvelles dynamiques régionales, et au-delà, au sein des instances multilatérales.

Pour ce faire, nous travaillons étroitement, non seulement avec l’Union Européenne mais également avec nos grands partenaires régionaux que sont l’Australie et la Nouvelle-Zélande, et nous soutenons et accompagnons, dans le même esprit de solidarité régionale, tous les projets qui renforcent l’intégration régionale des territoires français du Pacifique, plus particulièrement ici entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

Enfin et surtout, la communauté française au Vanuatu est un atout précieux mais aussi, je le souhaite, un inspirateur et un acteur de cette nouvelle dynamique, dans tous les secteurs, économique (avec en particulier les Conseillers pour le commerce extérieur de la France), éducatif et culturel. Son expertise nous sera précieuse. Je veillerai à nourrir avec elle un dialogue confiant et constant, comme à lui offrir tous les services et l’aide qu’elle est en droit d’attendre de l’ambassade.

Soyez assurés de mon entière disponibilité et de mon dévouement.

Pierre FOURNIER
Ambassadeur de France au Vanuatu

Dernière modification : 07/10/2019

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