Fête nationale, discours de l’Ambassadeur, Pierre FOURNIER, le 14 juillet 2020

Monsieur le Premier ministre,
Chers compatriotes,
Chers amis,

C’est aujourd’hui, 14 juillet 2020, plus sobrement que d’ordinaire que nous vous recevons, à la résidence de France, pour célébrer notre fête nationale.

Il y a quelques mois, quelques semaines même, nous espérions, la crise, les crises, étant derrière nous, être en mesure de vous offrir, à tous réunis ici ce soir, un moment qui ne soit que festif et joyeux. Hélas ! Cette pandémie qui secoue la planète depuis plusieurs mois, qui ébranle et nos habitudes et nos certitudes, cette pandémie est toujours là, menaçante, imprévisible.

Depuis janvier, elle nous a donné maintes fois l’occasion de voir ce que la communauté humaine avait de meilleur en elle : sa capacité à se mobiliser pour les causes communes, sa capacité à l’entraide, à la solidarité, à l’empathie, au sacrifice même ; Elle nous a aussi donné à voir, parfois, le spectacle de notre part obscure, la tentation du chacun pour soi, une certaine propension à montrer l’autre du doigt, à nous laisser emporter par l’irrationnel, à agir par impulsion, à nous laisser guider par la peur. De cela aussi il faut tirer des leçons.

Pour l’heure, deux mots : solidarité ; gratitude

Solidarité oui : alors que votre pays était durement frappé par la conjonction inédite de plusieurs crises, épidémie mondiale, passage du cyclone Harold, nous avons pu voir ici, sur le terrain, s’exprimer ce remarquable élan de solidarité internationale dans un contexte précisément où la tentation des replis, les défis intérieurs auxquels nous étions nous-même confrontés, auraient pu dicter une réponse à minima.

Je voudrais justement saisir cette occasion pour saluer le travail, l’engagement des partenaires FRANZ, remarquablement coordonnés sur place cette année par la Nouvelle-Zélande. Je voudrais saluer non seulement l’efficacité du travail accompli par nos équipes ici, en réponse au Covid-19, et, dans le même temps, avec célérité et efficacité à la suite du passage du cyclone Harold dans le nord du pays, mais saluer également tous ceux et celles qui, à Wellington, à Canberra et à Paris, n’ont pas compté leur temps et leur énergie pour rendre avec dévouement ce travail possible.

Gratitude : d’abord envers tous ceux, ici et à travers le monde, qui ont été en première ligne, dont l’engagement et le sacrifice ont été total, jusqu’à parfois y laisser leur vie : médecins et personnels soignants. Gratitude et reconnaissance envers tous ceux, ici, aux côtés desquels nous nous sommes engagés et qui ont su faire face, avec une abnégation exemplaire à cette double crise : merci aux équipes du NDMO, merci aux ONG, à la Croix-Rouge, à l’OMS, merci à nos médecins, à nos chefs d’îlots.

Gratitude envers nos amis, nos concitoyens de Nouvelle-Calédonie, à nos Forces armées dans le Pacifique, qui se sont mobilisés et nous ont apporté un soutien exemplaire sans lequel notre action n’aurait pas été possible. A tous, au nom de nos compatriotes que vous avez aidé, au nom de la France, merci.

Monsieur le Premier ministre, le temps va venir de la reconstruction.

Il s’agira de tirer les enseignements de ce que nous venons de vivre, de nos forces comme de nos faiblesses. Une reconstruction sociale, solidaire, écologique, au service d’un destin collectif dont nous aurions la maitrise. Cette reconstruction, nous allons nous employer à la mener chez nous, en Europe, en France, mais aussi plus que jamais à vos côtés, avec le même esprit qui nous a fait nous tenir, solidaires, aux côté du peuple Vanuatais alors que le pays fermait ses frontières, alors que Santo, Pentecôte, Ambae étaient dévastés par le cyclone Harold.

Ce destin collectif, c’est aussi celui de la France dans le Pacifique, et ici, plus particulièrement, d’une longue page d’histoire partagée. Nous avons commencé à l’écrire il y a bien longtemps — plus de cent ans — cependant, en ces jours de célébration, arrêtons-nous un peu sur ce quarantième anniversaire. 40 ans ! Quarante ans, écrivait Charles Péguy, c’est l’âge où nous devenons ce que nous sommes.

Il ajoutait, c’est un âge terrible, au sens où c’est celui de la vérité dans l’accomplissement. Bel âge donc que celui de l’accomplissement, celui d’une nation jeune, mais née dans le creuset d’une culture millénaire, profondément, intiment enracinée dans son environnement naturel, mais aussi désormais acteur, pleinement, de la scène internationale avec tout ce que cela implique, à la fois d’attentes et de responsabilités. Pendant ces quarante années, la France vous a accompagné, solidaire et fidèle.

A vos côtés dans l’urgence humanitaire, face aux catastrophes naturelles, à vos côtés face à l’urgence environnementale et climatique dont nous avons fait, comme vous, une priorité absolue, à vos côtés pour bâtir l’avenir. L’Université Nationale Bilingue, que nous vous avons aidé, avec la Nouvelle-Calédonie, à porter sur les fonts baptismaux, est emblématique de ce futur que nous dessinons ensemble. Elle est et restera une de nos priorités, comme l’est notre engagement pour la Francophonie : une francophonie qui n’est pas teintée de nostalgie mais faite d’ambition ; Une francophonie qui n’est pas tournée vers le passé mais vers un avenir que nous voulons aux couleurs de la diversité culturelle et linguistique ; Une francophonie qui ne se veut pas exclusive, mais inclusive et fraternelle, et dont nous sommes convaincus qu’elle est, pour la jeunesse de ce pays, un atout majeur.

Monsieur le Premier ministre, au nom de nos compatriotes, entrepreneurs, lycéens, enseignants, éleveurs, agriculteurs, artistes, ceux d’ici, qui ont fait le choix de rester il y a quarante ans, ceux qui sont venus plus récemment écrire avec vous une nouvelle page d’histoire, dans tous les cas portés par le même profond attachement à votre pays ; au nom de ceux de Nouvelle-Calédonie qui ont la volonté de tisser avec vous une communauté de destin, au nom de la France, nous voulons souhaiter au peuple vanuatais, à l’occasion du 40e anniversaire du Vanuatu, prospérité, réussite et bonheur.

Long taem naoia we Vanuatu i stap selebreitem 40 yia blong hem,mifala i wantem wishim pipol blong Vanuatu, prosperiti, sakses mo hapines.

Long nem blong frenship bitwin tufala kaontri blong yumi, mi wantem asurem yu se bambae Franis i stanap oltaem long saed blong yu blong go tru long ol jalens mo bildim tugeta wan sastenebol fiuja !

Au nom de l’amitié entre nos deux pays, soyez assuré que la France se tient et se tiendra toujours à vos côtés pour surmonter les défis et bâtir un avenir durable et solidaire.

Vive le Vanuatu ! Vive la France !

JPEG JPEG

Dernière modification : 15/07/2020

Haut de page