02.05.2010 - Décès de Nicolaï Michoutouchkine

JPEGL’Ambassadrice de France et toute son équipe ont appris avec une profonde tristesse le décès de Nicolaï MICHOUTOUCHKINE, le 2 mai 2010, à Nouméa, à la suite d’une maladie. Artiste de renommée internationale, d’origine russe, né en France, il était établi au Vanuatu depuis 1961. La veillée funèbre a eu lieu à Nouméa le 3 mai.
Conformément à sa volonté, N. MICHOUTOUCHKINE a été incinéré à Nouméa le 4 mai. Lors du retour au Vanuatu de ses cendres, transportées par ALOI PILIOKO, son compagnon de toujours, artiste wallisien de grand talent, une cérémonie sera organisée par ses amis.

Hommage à Nicolaï Michoutouchkine : L’amour est dans la couleur

Grand voyageur, citoyen du monde, artiste peintre de renommée internationale et grand « collectionneur militant » (selon l’expression de Franck Fay, autre artiste français), Nicolaï Michoutouchkine est mort le dimanche 2 mai, à Nouméa, à plus de 80 ans, à la suite d’une maladie. Il était Officier des Arts et Lettres depuis le 2 juillet 2002.

Plusieurs vies en une, tel fut le cheminement exceptionnel de Nicolas Michoutouchkine.

JPEGNé à Belfort, en France, le 5 octobre 1929, de parents émigrés russes, il a bénéficié de la formation d’artistes connus, pendant sa jeunesse, dans sa région natale, Léon Delarbre, conservateur du musée de Belfort et G. Bourlaud, élève et ami de Matisse. Fort de cette base solide, il a su développer son style si particulier, alliant la rigueur du trait, qui va à l’essentiel, à la sensibilité extrême, à la profusion, voire à la déraison des couleurs.

Il aime à se « sentir libre parmi les couleurs comme un cheval qui galope à travers la steppe » (in Nicolaï Michoutouchkine et Aloi Pilioko, 50 ans de création en Océanie).

La peinture, selon ses mots, lui permet d’accéder au monde merveilleux de la couleur. Et c’est sans doute cet amour de la couleur qui l’a conduit à aller vers le soleil, vers le Pacifique. JPEG

Arrivé dans le Pacifique en 1957, après quatre ans de voyages quasi initiatiques au Moyen-Orient, surtout en Inde, en Asie, il a poursuivi en Australie, puis en Nouvelle-Calédonie, avant de choisir de s’installer au Vanuatu (alors Nouvelles-Hébrides) en 1961.

Il abrite à Esnaar, près de Port-Vila, une fondation (Michoutouchkine-Pilioko), un « anti-musée », domaine naturel préservé, parsemé de nombreux objets d’art du Pacifique, ainsi que de plusieurs de ses œuvres, et de celles d’Aloi Pilioko. De ce lieu luxuriant, privilégié, il organise plusieurs expositions internationales qui auront un grand retentissement.

JPEGNicolaï Michoutouchkine reçoit à Esnaar, avec un sens de l’hospitalité hors pair, des personnalités de passage, des habitants, et des amis résidents, tout en s’efforçant de comprendre et de s’intégrer pleinement au monde océanien. Que disent les voix des ancêtres océaniens ? Il laisse derrière lui une œuvre féconde et chatoyante, brillante, nourrie par son intuition créatrice et son sens élevé des spiritualités, tant occidentales qu’orientales, pacifiques. Figure artistique majeure, il a su dynamiser la création artistique contemporaine en Océanie, encourager les jeunes talents, tout en contribuant à faire reconnaître les œuvres traditionnelles, à leur conférer toute la place qui leur est due.

Françoise Maylié

Dernière modification : 25/08/2014

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