Portraits de femmes du Vanuatu (4/4)-Stéphanie Ephraim

A l’occasion de la Journée Internationale des droits des femmes, l’Ambassade vous propose une série de portraits de femmes impliquées dans la vie économique, sportive ou sociale du Vanuatu. Aujourd’hui, nous vous proposons de découvrir l’histoire de Stéphanie Ephraim, une jeune militante pour le droit des femmes au Vanuatu, qui est également une photographe de talent. Elle participera d’ailleurs à l’exposition de l’Alliance Française, Voix de Femmes (VF) dont le vernissage aura lieu le lundi 12 mars à 17h.

JPEGStéphanie, pouvez-vous nous en dire plus sur votre parcours personnel jusqu’à aujourd’hui ?

Bien, j’ai d’abord étudié au Lycée Louis Antoine de Bougainville jusqu’à l’année 13. En parallèle de mes études, je pratiquais également l’aviron, en tant qu’athlète puis en tant qu’entraîneur pour des filles plus jeunes. C’était une très bonne expérience, mais dans le même temps j’ai rencontré beaucoup de difficultés dans mon travail lié au fait que j’étais une femme dans un milieu très masculin.

Ces difficultés ont été si importantes que j’ai commencé à m’intéresser aux problématiques d’inégalités hommes/femmes et c’est comme ça que je suis devenue une activiste féministe. Après le lycée, je me suis inscrite au Collège Technique Australo-Pacifique (APTC) pour suivre des cours en développement communautaire. Ensuite j’ai commencé à m’impliquer dans des actions ou des oéprations pour défendre les femmes, mais j’étais seule à l’époque je n’étais pas impliquée dans aucune organisation.

Mais j’ai réalisé qu’en étant seule, j’avais encore beaucoup à apprendre, c’est pourquoi j’ai commencé à envoyer des candidatures dans beaucoup d’organisations pour espérer travailler dans ce domaine. J’ai été assez chanceuse pour recevoir une réponse positive, et j’ai pu faire de ma passion mon travail quotidien.

Récemment une organisation canadienne m’a accordé une bourse pour suivre un programme en ligne de deux ans pour apprendre à de jeunes femmes à devenir des leaders d’opinion. L’objectif est de créer des groupes féministes dans le monde et de pouvoir ainsi sensibiliser les populations aux droits des femmes. Je vais également me rendre à Vancouver pour assister à plusieurs conférences.

Parallèlement à mes études, j’ai commencé à prendre des photos en 2015. Et chaque fois que je les postais en ligne, je reçevais des commentaires positifs. J’ai commencé à aimé le fait de voir les choses sous des angles différents à travers la lentille de l’appareil. Un ami m’a offert un appareil de photo, et j’ai depuis pris de plus en plus de photos. J’ai gagné plusieurs prix de photographies ici au Vanuatu sur différents sujets (femmes dans le sport, costumes traditionnels…).

JPEGSelon vous, quelle est la situation des femmes au Vanuatu ?

Pour moi le principal problème au Vanuatu c’est la violence : violence sexuelle, violence physique, violence émotionnelle…La violence émotionnelle peut vraiment être destructrice, même si la plupart des gens l’ignore car ils pensent que cela n’est pas réellement de la violence. Par exemple, s’il y a de la violence domestique, personne ne va essayer d’intervenir, car les gens pensent que c’est n’est pas leur affaire et que c’est quelque chose de normal ou qui peut arriver dans un foyer.

Ce qui me choque réellement également c’est de voir à quel point les femmes sont négligées dans les processus de prise de décision, particulièrement dans les îles.
Elles font une grosse part du travail du foyer, pour lequel elles ne perçoivent aucune bénéfice, elles sont souvent les premières à se lever et les dernières à aller se coucher. Mais dans le même temps, on ne reconnaît pas leur travail et leur importance.

D’un autre côté, il y a une très grosse différence avec les hommes. Les hommes prennent toutes les décisions, ils souffrent moins de la violence domestique et ils perçoivent de réels bénéfices de leur travail. C’est totalement injuste. Mais finalement, je ne pense pas qu’il y ait de grande différence entre la situation des femmes dans les îles ou dans la ville, je crois que leur rôle à la maison ne change pas tellement.

Selon vous comment la situation pourrait-elle s’améliorer ?

Je pense que le gouvernement et toutes les associations ou organisations doivent travailler ensemble pour combattre ces problèmes. En effet, tout le monde doit parler la même langue, comprendre quelles sont les problématiques. Ainsi, personne ne pourrait dénier la réalité du problème, et tout le monde réaliserait la nécessité d’agir.

Dans votre jeune carrière, de quelle réalisation personnelle êtes-vous la plus fière ?

(Prend le temps de réfléchir un peu) Et bien, je suis très fière d’avoir trouvé un travail où je peux me battre pour les droits des femmes, ce qui était ma passion quand j’étais plus jeune. Et j’étais tellement demandeuse de plus de connaissances, d’étudier plus de cas particuliers, afin de pouvoir aider les mamans, les sœurs, les tantines et les pikininis du Vanuatu à avoir un future plus heureux.

Merci à Stéphanie pour son temps et bonne continuation à elle dans sa carrière.
Pour aller plus loin :

Les photographies de Stéphanie : https://www.facebook.com/lavashots/
L’exposition de l’Alliance Française : https://www.facebook.com/events/194456484473299/

Dernière modification : 03/05/2018

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