Séminaire de Recherche sur le bilinguisme universitaire.

Les 16 et 17 juillet 2018, le Ministère de l’Éducation et de la Formation a organisé un séminaire de recherche sur le thème suivant : « De la pluralité linguistique au bilinguisme universitaire : réalités et enjeux ». Ce séminaire a pu voir le jour grâce à un financement de la Convention de Coopération Régionale entre la France, la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu.

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Photo de groupe des intervenants et d’une partie de l’audience.
® Ambassade de France au Vanuatu

En vue de la constitution future de l’Université Nationale du Vanuatu et l’objectif de proposer un cursus totalement bilingue en anglais et en français, le Ministère de l’Éducation a voulu organiser ce séminaire pour identifier les enjeux de cette ambition et analyser les voies suivies dans des pays où plusieurs langues officielles cohabitent comme la Nouvelle-Zélande ou le Canada.

Le séminaire, ouvert par le Directeur Général du Ministère de l’éducation, M. Bergmans Iati, a vu se succéder de nombreux intervenants de haut niveau, parmi lesquels les Drs. Robert Early, Amton Mwaraksurmers, Fiona Williams de l’Université du Pacifique Sud (USP), le Dr. Robin Averill de l’université Victoria de Wellington, le Dr. Elatiana Razafi de l’Université de la Nouvelle-Calédonie, le Dr. Leslie Vandeputte, le tout encadré par les synthèses du Dr. Louis Arsac.

De très nombreux étudiants et agents du ministère ou de la fonction publique ont assisté durant ces deux jours aux présentations et aux débats. Les séances de questions au public, ont permis d’exposer de nouvelles idées, de confronter certaines théories et d’ouvrir un débat intense car passionné.

En effet, le thème du bilinguisme universitaire renvoie au plurilinguisme du pays, qui est un socle culturel et identitaire fort pour le pays et ses habitants. Dès lors, le choix du bilinguisme français/anglais et donc de l’exclusion de l’autre langue officielle, le bichelamar, peut poser question pour certains qui y verraient l’abandon de la culture vanuataise au profit de langues dites dominantes.

D’un autre côté, le bichelamar peut également être perçu comme une langue dominante dans la mesure où elle prend le pas sur certaines langues vernaculaires, notamment pour les nouvelles générations grandissant à Port-Vila. De plus, faire du bichelamar une langue d’enseignement universitaire peut avoir du sens dans une perspective de formation nationale, mais limite par là même l’ouverture internationale de l’université, que ce soit au niveau de la production de travaux de recherche ou l’attraction d’étudiants étrangers.

Le Dr. Louis Arsac, en résumant les deux jours d’échanges, a noté les très forts besoins et désirs exprimés de voir les langues du Vanuatu, autant le bichelamar que les langues vernaculaires, jouer un rôle dans cette future université. La création d’un centre de langues avec, entre autres, le bichelamar comme objet d’étude semble maintenant quasi-certaine. Quant à avoir le bichelamar comme langue universitaire enseignée et d’enseignement, la réflexion est ouverte avec par exemple la possibilité de créer des tutorats en bichelamar sur certains sujets.

Dans tous les cas, l’audience s’est félicitée d’avoir pu ouvrir et nourrir le débat, quand bien-même la question ne s’est jamais posée en 50 années d’existence de l’Université du Pacifique Sud. C’est précisément sur ce genre de thématique que la nécessité et le besoin d’avoir une université nationale, et non pas régionale, trouve toute sa justification.

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Affiche de l’événement.

Dernière modification : 24/07/2018

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